Zoom sur le territoire

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Entretien avec Louis Tiers, Competitive intelligence manager chez IAR - Le pôle de la bioéconomie.

Vous travaillez au pôle IAR, comment présenteriez-vous vos missions dans cette structure ?

Au pôle de compétitivité Industrie & Agro-Ressources (IAR), nous réalisons des activités de veille stratégique, notamment pour des projets en lien avec la chimie du végétal. Nous les soutenons en rassemblant autour d’eux les acteurs de la recherche, de l’enseignement et de l’industrie pour les accompagner, de l’idée à la mise en œuvre industrielle. Au pôle IAR, je suis chargé des prestations d’études. Ma position consiste à réaliser des études de marché, des états de l’art technique ainsi que des évaluations de gisements de biomasses pour les projets que nous suivons.

Ces derniers mois, j’ai travaillé sur l’étude de marché pour le projet ExtraFor_Est, dans l’objectif de décrire l’environnement économique dans lequel il se trouvait, et pouvoir décrire les opportunités et les freins qui pouvaient exister.

Par quelles étapes êtes-vous passé pour réaliser l’étude de marché autour du projet ExtraFor_Est ?

Nous sommes partis des différentes essences et de l’utilisation des parties étudiées dans le projet ExtraFor_Est pour observer quelles applications liées aux molécules nous pouvions trouver et savoir comment les valoriser. Pour cela, nous avons regardé les informations que nous pouvions trouver dans la bibliographie scientifique, mais aussi concernant les brevets et les projets d’innovation.

Par la suite, il nous a fallu évaluer les volumes de marchés en lien avec ces applications. Nous avons pris en compte les freins à l’exploitation des extractibles, ainsi que les opportunités qu’ils peuvent créer. Pour le projet ExtraFor_Est, on retrouve des opportunités liées au fait d’apporter des biomolécules d’origines locales aux industries. Elles pourraient permettre de réduire l’impact environnemental des productions, de faire des produits naturels, et peut être de pouvoir décrocher des labels comme « Made in Vosges ». De plus, les extractibles ont parfois des propriétés qui peuvent être précieuses et que nous ne retrouvons pas dans d'autres molécules.

Une fois les freins et les opportunités identifiés, nous avons été à la rencontre des différents acteurs de la filière pour observer si nos premières conclusions s’alignaient avec leurs discours. Lors de ces entretiens, les industriels ont salué la démarche lancée par ExtraFor_Est concernant l’ambition du projet d’évaluer précisément en amont les volumes de biomolécules qu’il sera possible d’amener sur le marché.

Est-ce que c’est quelque chose de commun pour les autres projets s’intéressant aux extractibles ?

Cela dépend. Pendant cette étude de marché, nous avons observé qu’il existe à l’international environ 60 à 70 autres projets qui portent sur les extractibles du bois. Ce qui nous fait dire qu’ExtraFor_Est est dans la bonne direction est, par exemple, que nous avons identifié un projet où les développements n’ont pas pu aboutir à un développement commercial, faute de vision sur les volumes disponibles.

La démarche d’ExtraFor_Est, de s’intéresser à la fois aux applications des molécules ainsi qu’à l’évaluation de la quantité disponible, nous semble tout à fait pertinente. Elle permettra d’étendre la portée de ce projet à l’ensemble de la filière forêt-bois et de l’industrie de la chimie de l’Est de la France.

Date de modification : 05 juin 2023 | Date de création : 16 mars 2021 | Rédaction : Tatyana Ramazzotti